Critique BD : Airpussy
L'Employé du Moi
On connaissait l'Air Guitar, et même l'Air Sex : l'Allemande Ulli Lust pétrit un matériau mythique pour produire cet Airpussy , d'abord sur le Web, aujourd'hui chez L'Employé du moi . Totalement aphone, l'album se structure par carrés de neuf cases de taille identique, avec quelques rares échappées en pleine page.
Et la composition est bien l'une de ses forces. Soutenue par une bichromie maîtrisée, la simplicité du trait rappelle des choses un peu vieillottes, à la limite d'un Wolinski (forcément) érotisant et d'une image d'Epinal fantasque. La belle protagoniste découvre, dans son bain, que la masturbation la fait léviter. Point de départ d'une quête d'érotisme qui la voit notamment - superbe page où l'auteur joue avec sa grille de base et construit une véritable estampe moderne - profiter de la langue d'une panthère apprivoisée.
Cette déesse de l'amour ne vit peut-être qu'une saison, histoire de fertiliser le réel. Petit voyage en apnée, de l'hiver au printemps, temps du récit mais aussi de l'objet dessiné lui-même. Puisque, ainsi que l'écrit l'auteur dans la postface documentée, « Airpussy est un rituel printanier contemporain, dessiné à la fin de l'hiver et publié au printemps.»
L'Employé du Moi
par Vincent Degrez | | réactions | réagissez ici
