Critique manga : Le Sommet des Dieux
Kana
Tout le roman de Baku Yumemakura tient dans la superbe couverture de Taniguchi pour cette réédition cartonnée. Cet homme, au caractère volontaire et affirmé, au menton conquérant et à la pose individualiste - plutôt inhabituel chez l'auteur de Quartier Lointain - mais dont la pointe des cheveux demeure quelques millimètres sous le sommet montagneux derrière lui...
Tout l'art de la perspective et du détail de Taniguchi réside précisément dans cet Everest qui n'est jamais vraiment blanc, recouvert d'aspérités traîtresses et d'espoirs démesurés, bordé de gouffres noirs comme des cauchemars. Habu Joji est donc cet Übermensch qui, à l'assaut d'un sommet, choisit toujours la voie la plus rapide et non la plus sûre.
C'est pourtant par des yeux nettement plus «taniguchiens» qu'on le découvre, ceux du Japonais Fukamachi Makoto. Ce photographe-alpiniste déniche, dans un bazar de Katmandou, un bien étrange appareil photo : un antique Vest Pocket Autographic Kodak Special qui a pu appartenir à George Mallory, alpiniste britannique disparu en 1924 sur la crête nord de l'Everest. La pellicule pourrait permettre de lever un des plus fabuleux - et très réels - mystères de la montagne : Mallory a-t-il vaincu le «sommet des dieux» près de 30 ans avant Hillary et Norgay ?
par Vincent Degrez | | réactions | réagissez ici
