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Inquiétudes autour du WiFi

21/08/2007 16:00

EQUILIBRE

Il permet de surfer sans fil sur Internet et même, depuis peu, de téléphoner. En plein essor dans le monde, il s'invite même dans les écoles. « Il », c'est le WiFi. Et comme aucune étude scientifique ne prouve son innocuité, il relance le débat sur l'impact potentiel des champs électromagnétiques sur la santé.

Surfer sans fil sur Internet confortablement assis dans son canapé, son jardin, à la terrasse d'un café ou dans un aéroport : voilà la prouesse technologique que permettent les réseaux WiFi. Très pratiques et moins chers que leurs homologues câblés, ces réseaux qui exploitent les ondes hertziennes pour transmettre de l'information numérisée sont en plein essor à l'échelle planétaire. La ville de Singapour est déjà entièrement « wifisée » et plusieurs autres (Amsterdam, Paris, San Francisco, Chicago...) ont l'intention de le devenir pour combler la « fracture numérique ».

En Belgique, on n'en est pas encore là. Le plus grand réseau sans fil gratuit - 78 antennes sur le campus de la Plaine (ULB et VUB) à Bruxelles - ne fait encore que 0,5 km². Mais le WiFi est déjà très présent chez les particuliers. Au sud du pays, plus d'une connexion Internet sur trois est de ce type et 18 % de tous les ménages possèdent une antenne WiFi sous leur toit, d'après l'Agence wallonne des télécommunications (AWT). Comme une antenne émet jusqu'à 30 mètres environ dans toutes les directions, il est plausible que plus de la moitié de la population belge se trouve aujourd'hui sous l'influence régulière des ondes WiFi.

L'Angleterre en émoi

Jusqu'ici, c'était essentiellement la nocivité potentielle des GSM et des antennes relais de téléphonie mobile qui posait question. Le débat s'élargit désormais aux réseaux WiFi. En Angleterre, un syndicat d'enseignants a ainsi réclamé fin avril au ministre de l'Enseignement britannique « une étude scientifique complète sur les effets sanitaires des réseaux WiFi dans les écoles, tant sur les élèves que les professeurs ». Des associations de parents ont embrayé, réclamant le démantèlement des réseaux WiFi scolaires.

Fin mai, la BBC enfonçait le clou en révélant, dans une enquête qui a fait couler beaucoup d'encre que l'intensité des champs électromagnétiques (CEM) présents dans une classe « wifisée » était en moyenne trois fois plus grande que celle des CEM émis par une antenne relais de téléphonie mobile à 100 mètres. Quant au directeur de l'Agence de protection sanitaire du Royaume, il incitait à la prudence. Il est vrai qu'outre-Manche, le WiFi se retrouve dans plus d'une école primaire sur deux et dans quelque 70% des établissements secondaires...

Les enfants plus vulnérables

Sur le plan scientifique, le flou règne. Il n'existe aucune étude épidémiologique sur d'éventuels effets néfastes du WiFi. Et quand bien même, on manque de recul. « Il faut savoir qu'il existe un certain nombre d'effets potentiels à long terme qu'il ne sera pas possible de détecter avant 2015 au plus tôt », commente André Vander Vorst, professeur émérite à la faculté des sciences appliquées de l'Université catholique de Louvain et membre du Conseil fédéral de santé et d'hygiène (CSH).

Face au boom actuel des technologies sans fil (lire encadré), ce spécialiste des CEM estime qu'avec le WiFi comme avec le banal téléphone sans fil DECT, hyper répandu mais beaucoup moins médiatisé, « on manque grandement de prudence car on ne fait jamais qu'augmenter le niveau global des émissions dans la même bande de fréquences - les micro-ondes - dont les effets biologiques, au premier ordre, sont similaires quelle que soit la fréquence. »

DAVID LELOUP

L'intégralité de cet article se trouve dans le numéro 12 d'Equilibre.


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