Monde
Jon Favreau, le nègre surdoué de Barack Obama
17/10/2008 10:35
Le principal rédacteur des discours de Barack Obama a 26 ans. Profil d'un surdoué qui a vite fait ses preuves.
Avec son jean et sa bouille d'adolescent pensif, il passe pour l'un des bénévoles qui campent dans les QG de la campagne démocrate. Jon Favreau ne se formalise plus des ricanements incrédules de ses interlocuteurs lorsqu'il explique qu'à 26 ans il est bien chargé d'écrire les discours de Barack Obama.
Son patron, auteur de deux best-sellers et d'une allocution légendaire lors de la convention démocrate de 2004, n'aurait que faire des services d'un scribe. Et pourtant : surmené à l'approche du caucus de l'Iowa, en janvier dernier, Obama avait confié l'un de ses discours les plus décisifs, celui du soir du scrutin, à ce jeunot sorti quatre ans plus tôt de l'excellente université catholique Holy Cross, à Worcester (Massachusetts).
Imprégné de ses lectures de Bobby Kennedy et de Martin Luther King, le texte, tapé par Favreau en quelques heures sur son ordinateur portable dans un café voisin du quartier général de Des Moines (capitale de l'Iowa), a relancé la mystique du rival de Hillary Clinton, et scellé la carrière de Jon Favreau, aujourd'hui chef d'une équipe de trois speechwriters dont le plus âgé vient d'avoir 30 ans.
A la fin de 2003, « Favs », alors simple grouillot des services de presse de John Kerry, avait été promu dans l'équipe des rédacteurs de discours du candidat lorsqu'un passage à vide de la campagne et un cruel manque de fonds interdisaient l'embauche de personnel plus expérimenté. Il a fait ses preuves. Au point d'être approché, dès janvier 2004, par l'équipe du nouveau sénateur Barack Obama. Ce dernier, ancien activiste du South Side de Chicago, a été séduit autant par la prose que par le travail social de Favreau, qui, pendant ses études, assurait la défense de locataires dans les quartiers pauvres de Worcester. De cela est née une connivence.
« Nous nous rencontrons chaque fois une demi-heure, raconte-t-il. J'écris tout ce qu'il dit. Je mets en forme, je récris. Il met en forme, il récrit. Et nous avançons comme cela. » Jusqu'à la Maison-Blanche ?
Philippe Coste




