Monde
L'armée colombienne supprime Reyes, le numéro deux des Farc
03/03/2008 10:29
Sur le terrain, l'armée poursuit l'offensive. Elle vient de remporter de nouveaux succès contre une guérilla toujours plus affaiblie. Mais,l'élimination samedi par l'armée colombienne du numéro deux des Farc (guérilla marxiste) Raul Reyes rendra encore plus difficile une libération par le groupe rebelle de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt
De notre envoyé spécial
Dans une main, la médiation, dans l'autre, la guerre. Six ans après l'enlèvement d'Ingrid Betancourt, les autorités colombiennes progressent peu pour obtenir la libération des otages. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont refusé la médiation du gouvernement espagnol et de l'Eglise catholique. Toutefois, Bogota marque des points contre la guérilla qui détient les prisonniers.
Plusieurs responsables des Farc viennent de tomber sous la pression de l'armée, qui n'a jamais été aussi populaire. Raul Reyes,le numéro deux des Farc (guérilla marxiste) a été éliminé samedi par l'armée colombienne. Luz Dary Conde, alias « Doris Adriana », la compagne du chef du Front 1, qui détiendrait les otages, a été capturée le 2 février. Ruben Dario Perez, alias « Duber », présenté comme le successeur de feu « Martin Caballero », un chef historique dans le nord du pays, a été abattu quelques jours plus tard. Le bras droit d'un membre du secrétariat des Farc aurait également été tué dans le sud-est. Des vérifications ADN sont en cours pour procéder à son identification. La traque continue, sans relâche.
Ces succès récents confirment le resserrement de l'étau autour de la guérilla. En 2007 ont ainsi été abattus « Negro Acacio », le principal responsable du trafic de drogue, d'armes et de munitions, membre de l'état-major central ; « JJ », patron des opérations militaires dans le sud-est ; « Martin Caballero », leader du Front 37, qui détint prisonnier durant six ans l'actuel ministre des Relations extérieures. Selon le ministère de la Défense, 3 027 guérilleros auraient subi le même sort, 3 192 se seraient « démobilisés », les Farc ne disposeraient plus que de 9 300 hommes et femmes contre 16 900 en 2001. De son côté, le président Alvaro Uribe, réélu en 2006, a augmenté les effectifs des forces armées de 30 % (388 495 soldats et policiers). De 2008 à 2010, le budget de la défense sera rehaussé pour atteindre 4 % du produit intérieur brut.
« Notre objectif n'est pas l'élimination de l'organisation, mais sa réduction à l'état marginal, afin qu'elle perde sa volonté de lutte », souligne le général Freddy Padilla de Leon, commandant en chef des armées. Les militaires n'ont jamais réussi à mettre la main sur un membre du secrétariat, l'organe directeur des Farc, qui se cache dans la jungle.
La guérilla se réfugie dans la jungle
De fait, ils concentrent leurs efforts sur les chefs intermédiaires, acteurs de terrain plus facilement repérables, afin de couper les circuits de communication avec la direction. Ce qui nuit à leur capacité opérationnelle : une soixantaine d'opérations de la guérilla seulement ont été recensées l'an dernier - trois fois moins qu'il y a cinq ans. De nombreuses zones ont été reconquises, à l'image des monts de Maria, dans le nord. Chassées des villages qu'elles avaient annexés, les Farc doivent se réfugier dans les montagnes ou dans l'épaisse forêt tropicale. Cependant, elles ne sont jamais très loin et les embuscades restent fréquentes.
Accusés d'avoir dans le passé utilisé leurs armes sans discrimination et laissé les groupes paramilitaires d'extrême droite - officiellement dissous - exécuter la basse besogne, les militaires s'efforcent de se montrer exemplaires. Depuis deux ans, un programme interministériel d'aide sociale et de reconstruction, baptisé « Action intégrale », est en cours d'expérimentation dans 60 cantons difficiles (sur 1 098), afin d'y instaurer l'Etat de droit. Dans les armées, 2008 a été proclamée l'« année du respect des droits de l'homme ».
Romain Rosso
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Trois jours après les libérations de quatre anciens députés par les rebelles des Farc, l'armée colombienne a lancé une vaste opération militaire dans le sud du pays. - Epa



