Europe
Airbus : vent de remplacement pour les sondes Pitot
10/06/2009 07:03
La compagnie aérienne belge Brussels Airlines procède au remplacement des sondes Pitot qui équipent ses Airbus A330. Il en sera de même dans les jours qui viennent pour les compagnies suisse et française, Swiss et Air France. Le mauvais fonctionnement de ces sondes, qui permettent de déduire la vitesse de l'avion, serait mis en cause dans la catastrophe du vol AF447 de la semaine passée.
Hasard du calendrier, simple coïncidence ou mesure de prévention, voilà qui mérite d'être posé. Huit jours après la catastrophe aérienne qui a touché Air France, un vent de changement souffle au sein de certaines compagnies aériennes.
Une recommandation déjà faite
Il y a un an et demi, Airbus avait déjà émis une recommandation préconisant le remplacement des sondes Pitot équipant les A330 et A340. Aujourd'hui, sur les trois Airbus de Brussels Airlines, deux ont déjà été entièrement renouvelés. Le troisième serait donc en pleine cure de jouvence. "Sur celui-ci, le changement n'a pas encore été fait car cette opération prend du temps", précise le site Internet de la RTBF. Selon la chaîne publique, la compagnie nationale n'a jamais enregistré d'incident lié aux sondes Pitot.
La compagnie aérienne suisse, Swiss, va également remplacer ces sondes de vitesse. Huit des appareils, des A330-200, de la filiale de la compagnie allemande Lufthansa en sont équipés.
Enfin, Air France a quant à elle annoncé qu'elle soumettait un "calendrier de remplacement" de ces sondes permettant de contrôler la vitesse des avions. Alter, syndicat minoritaire des pilotes d'Air France, a d'ailleurs appelé le personnel navigant technique à "refuser tout vol sur des A330-340 n'ayant pas au moins deux sondes Pitot modifiées". Une porte-parole d'Air France a annoncé qu'à "la date du huit juin, toute la flotte des A330 et A340 de la compagnie" disposerait "d'au moins une sonde Pitot de nouvelle génération".
Sondes défaillantes ? Une hypothèse
Ces sondes, situées généralement à l'avant du fuselage ou sous les ailes, permettent de mesurer la pression subie par l'avion et d'en déduire ainsi sa vitesse. En cas de dysfonctionnement, la vitesse qui s'affiche sur l'anémomètre (tableau de bord de l'appareil) est erronée. Elle peut être surestimée, il y alors un risque de décrochage de l'avion, c'est-à-dire qu'en raison d'une vitesse trop faible, l'avion risque de chuter. Par contre, si elle est sous-estimée, l'appareil vole plus rapidement que ce que l'instrument de bord n'indique, il existe un risque de déformation voire de destruction de l'avion.
Dans le cas du vol d'Air France entre Rio et Paris, aucun élément ne permet de faire un lien direct entre le (mauvais ?) fonctionnement de ces sondes et l'accident. Mais cela reste une hypothèse. Ce pourquoi les premiers éléments de l'enquête divulgués à Paris se concentrent sur le fonctionnement de ces capteurs de vitesse.
D'autant plus qu'une note interne de la compagnie française, datée de novembre 2008, fait état d'"un nombre significatif d'incidents" liés aux calculateurs de vitesse survenus sur des A330-340 d'Air France.
LeVif.be avec L'Express.fr et Belga
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Un Airbus A-330 de la compagnie Brussels Airlines. - Belga



