Belgique
Dépeceur de Mons: c'était une fausse piste
09/02/2010 10:07
En tous les cas, un grand nombre d'éléments permettent d'en douter: le médecin évoqué comme suspect aurait été accusé par son fils, mais ces déclarations seraient sans fondement.
L'agression récente d'un médecin de la région montoise sur une de ses patientes n'aurait rien à voir avec l'affaire du dépeceur de Mons. Lundi, des informations circulaient selon lesquelles ce médecin était déjà visé dans une lettre l'accusant d'être l'auteur des meurtres commis il y a treize ans dans la région montoise. Mais il apparaît que cette lettre, qui désignait bien le médecin en ORL, développe des arguments infondés, qui ne correspondent pas aux éléments de l'enquête. C'est le quotidien Le Soir qui rapporte ce fait, précisant que "les enquêteurs vont chercher un lien entre la lettre et le dossier, mais doutent d'en trouver un".
Selon La Dernière Heure, l'auteur de la lettre accusatrice n'était autre que le fils du médecin montois. Mais ses arguments ne sont pas très probants. Ainsi, il faisait état de fréquents séjours à Knokke entre 1985 et 1995. Or il se fait que le dépeceur emballait ses victimes dans des sacs-poubelles issus de la cité côtière. Un lien considéré comme intéressant. Sauf que les enquêteurs ont établi que les sacs utilisés provenaient d'un lot refusé qui aurait dû être détruit, mais qui finalement s'est retrouvé dans une solderie de Mons.
Autre élément peu convainquant: le fils du médecin évoquait une passion marquée de son père pour les armes. Mais aucune des victimes du dépeceur n'a été assassinée par arme à feu. De même, l'auteur des lettres renseignait les enquêteurs sur la voiture de son père au moment des faits, une voiture extrêmement voyante, alors qu'une personne ayant assisté au dépôt des sacs macabres par le dépeceur avait évoqué une camionnette blanche.
Enfin, Le Soir ajoute qu'il est peu probable que le médecin, qui ne devait pas courir après l'argent étant donné sa position financière assurée, ait tenté de vider le modeste compte en banque de l'une de ses victimes en utilisant un Bancontact.
Bref, il semble bien que le médecin détenu depuis quelques jours pour une violente agression sur l'une de ses patientes ait été accusé à tort par son fils d'être le meurtrier en série d'il y a treize ans. Même si les enquêteurs ne manqueront pas de creuser le dossier et de se pencher sérieusement sur les indices qui pourraient rapprocher les deux affaires, cette dénonciation sera à verser parmi les centaines d'autres enregistrées depuis lors.
LeVif.be, avec Belga
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