Belgique
A l'armée aussi, on restructure. Et "sans plan social"...
13/10/2009 12:18
Toutes les composantes de l'armée sont touchées par le plan de restructuration présenté lundi par le ministre de la Défense, Pieter De Crem. Avec à la clef la fermeture de plusieurs casernes et une diminution des effectifs. Les syndicats dénoncent l'absence de plan social et de mesures d'accompagnement.
Le ministre de la Défense, Pieter De Crem, a levé le voile lundi sur son plan de restructuration de l'armée. Un plan dont l'objectif majeur est de faire de substantielles économies, sans pour autant modifier le "niveau d'ambition" de la Belgique sur le plan international.
Suppression de casernes. La principale mesure d'économie concernera un certain nombre de casernes qui seront purement et simplement fermées. Sont concernées: les casernes de Bastogne (province du Luxembourg), de Baronville et de Belgrade (Namur), de Saive et de Bierset (Liège), de Ghlin (Hainaut), de Brasschaat et de Haasdonk (Anvers), de Diest (Brabant flamand), de Helchteren (Limbourg), de Sijsele (Flandre occidentale) et de Destelbergen (Flandre orientale). L'unité du génie installée à Jambes déménagera pour sa part vers Amay.
Il en découlera automatiquement une réduction conséquente des effectifs, à 34.000 personnes (contre un objectif antérieur de 37.725). Pour y parvenir, Peter De Crem assure qu'il ne passera par aucun licenciement, mais par une combinaison de départs naturels et le recours à des mesures de dégagement existantes. Par ailleurs, le recrutement des quelque 1300 jeunes militaires par an est maintenu.
Réorganisation de la force terrestre. La Force terrestre sera à l'avenir composée de deux brigades: une médiane équipée avec les nouveaux blindés à roues commandés de type AIV et MPPV; et une légère, bâtie autour des unités para-commandos renforcées par le 12/13ème régiment de Ligne de Spa et dotées de véhicules légers et de camions Unimog. L'armée comptait jusqu'alors deux brigades médianes et une sorte de mini-brigade para-commando à trois bataillons (Diest, Flawinne et Tielen).
Moins d'appareils pour la force aérienne. La Force aérienne verra son nombre de chasseurs F-16 réduit de 60 à 54, mais trente appareils resteront disponibles pour des opérations de l'OTAN d'une durée de six mois, et dix pour l'Union européenne. La base de Bierset fermera ses portes et les vingt hélicoptères Agusta maintenus (sur 28 actuellement) déménageront vers Beauvechain. Les futurs hélicoptères moyens NH90 seront basés à Beauvechain (pour la version de transport) et à Coxyde (pour les missions de recherche et de sauvetage). Les avions sans pilote B-Hunter quitteront Elsenborn pour Florennes.
La force maritime relativement épargnée. La Marine conservera ses deux frégates ex-néerlandaises, qui seront modernisées pour suivre l'exemple des Pays-Bas, mais devra renoncer à l'un de ses sept chasseurs de mines tripartites, qui sera mis "sous cocon".
Centralisation de la composante médicale. La composante médicale fermera trois dépôts (Ghlin, Destelbergen et Landen, en Brabant flamand), qui seront transférés sur le site de Neder-over-Heembeek, dans la banlieue nord de Bruxelles, tout comme les formations qui se donnent à Gand. En revanche, l'ancienne Pharmacie centrale de Nivelles (devenue "Eléments médicaux d'intervention techniques", EMITech), est provisoirement maintenue.
De Crem a fini le travail
Selon le ministre de la Défense, ce plan n'est que "la finalisation de la transformation" des forces armées entreprise lors des législatures précédentes et jamais menées à terme. Par contre, il ne modifie en rien les objectifs et ambitions que l'armée belge s'est fixée sur le plan international. Ses engagements envers l'OTAN et l'Union européenne seront donc maintenus, et la volonté de maintenir 1200 hommes et femmes à l'étranger est toujours d'actualité.
Anticipant quelque peu les critiques, Pieter De Crem a assuré que ce plan n'était "ni idéologique ni communautaire", mais bien un "exercice d'équilibre" qui tient compte du contexte budgétaire dans lequel la Défense doit évoluer, avec des économies imposées d'année en année au département. "J'exécuterai cette réforme au cours de cette législature (qui se termine en juin 2011), dès le 1er janvier 2010. Aucun dossier ne sera transféré à la prochaine législature", a-t-il promis.
La franche désapprobation des syndicats
Mais les syndicats militaires n'ont pas manqué de dénoncer ce plan, lequel est totalement exempt de mesures d'accompagnement social, en particulier pour ce qui concerne la fermeture des nombreuses casernes. Le SLFP-Défense, syndicat libéral qui affirme être le plus important des quatre syndicats militaires, relève en sus l'absence de timing. Selon Erwin De Staelen, président du SLFP, Pieter De Crem "nous a présenté un plan de restructuration digne d'un curateur ayant pour mission la liquidation d'une entreprise en difficulté. (...) Nous exigeons qu'une véritable politique sociale d'accompagnement soit développée avec de réels moyens".
La CSC a également réclamé un plan social d'accompagnement. Et la CGSP a rejeté le contenu du "plan De Crem" et la manière dont il a été conçu. En particulier, il regrette qu'aucune concertation préalable n'ait eu lieu. "On en a seulement parlé dans un cercle restreint de généraux et de colonels. Le militaire doit une nouvelle fois apprendre que des choses ont été décidées en haut lieu", a souligné Dirk Deboodt. La CGSP ajoute regretter que le plan ne contienne aucune répartition régionale des quartiers maintenus, et se demande s'il sera possible de maintenir le même niveau d'ambition avec moins de personnel, comme l'affirme le ministre.
LeVif.be, avec Belga
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Il fallait s'y attendre: le plan de restructuration de l'armée élaboré par Pieter De Crem est mal accepté par les syndicats. - Belga




