Belgique
Les familles monoparentales font les frais de la crise
24/11/2008 09:38
Le service des créances alimentaires a prouvé son utilité. Mais les budgets ne suivent pas.
Vous n'avez pas reçu votre pension alimentaire ? Le Secal peut vous aider ! » Le site Web de l'administration fiscale fédérale, c'est un peu une main tendue. Finis les problèmes pour les mères (plus rarement, les pères) angoissées ? Non.
Le service des créances alimentaires (Secal) tente de récupérer les pensions impayées par l'ex-conjoint. Il peut aussi accorder des avances sur pension alimentaire. Formidable sur le papier, ce service l'est beaucoup moins en pratique. D'abord, parce qu' avec un budget de 16 millions d'euros l'organisme se révèle incapable de satisfaire toutes les demandes et d'accélérer le recouvrement des créances. En 2006, il n'a récupéré que 6,5 millions d'euros... sur les 110 millions d'euros qui restent dans les poches d'ex indélicats. Ensuite, parce que la fixation d'un plafond de revenus (1 224 euros net), pour l'octroi d'avances sur pension alimentaire, limite fortement l'accès à cette aide.
En tout cas, l'accord gouvernemental prévoit un meilleur financement du Secal ainsi qu'un relèvement du plafond de revenus. Mais rien ne bouge. La députée Colette Burgeon (PS) s'est vu répliquer par le ministre des Finances, en charge du dossier, que le gouvernement était confronté à des difficultés budgétaires et que le dossier était renvoyé à des discussions ultérieures. Consternation de Colette Burgeon, qui réclame des mesures immédiates, tout comme Hafida Bachir, présidente de Vie Féminine, qui coordonne la plate-forme créances alimentaires : « Nous réclamons le relèvement du plafond de revenus à 1 500 euros. Or, dans sa note de politique générale, Didier Reynders (MR) ne prévoit rien de plus. »
Seule embellie, Melchior Wathelet (CDH), secrétaire d'Etat aux Familles, vient de s'engager à financer une campagne d'information. « Vous voyez la cohérence, lance Hafida Bachir. D'un côté, on accepte de faire connaître le service ; de l'autre, on ne lui donne pas les moyens de fonctionner ! » Pendant que les partenaires de la coalition se renvoient la balle, les membres de la plate-forme préparent une contre-attaque. Les femmes, toujours les premières à faire les frais d'une crise ?
Frédérique Piron



