Belgique
Belgique: qui va monter au gouvernement?
19/03/2008 09:59
Jour J pour les présidents de parti. C'est aujourd'hui, mercredi 19 mars, que ces derniers vont désigner les heureux élus, c'est-à-dire ceux qui, au sein de leurs formations politiques respectives, vont « monter » au gouvernement, comme ministre ou secrétaire d'Etat.
« C'est le jour de purgatoire présidentiel, souligne le politologue Pierre Vercauteren (Fucam). La pression sur les chefs de file des partis est maximale. Humainement parlant, c'est très éprouvant. » Effectivement, sur le plan personnel, la chose est loin d'être anodine. Jugez un peu : les prétendants au costume ministériel sont nombreux, les places sont rares. La désignation des ministres est donc le plus sûr moyen de se faire des ennemis. Le baromètre le plus fiable, aussi, pour évaluer l'autorité et la légitimité des différents présidents.
Soit, leur aura est incontestable et incontestée, et pas un souffle de contestation ne monte des rangs des inévitables mécontents. Soit, le/la président(e) n'a pas réussi à imposer l'unanimisme et la discipline collective dans son parti, et les ressentiments, menaces et autres pressions s'exercent au grand jour.
Au Cdh
Ainsi, au CDH, lorsque Josly Piette s'est vu propulsé au sein du gouvernement « provisoire » de Guy Verhofstadt, les protestations de ceux qui misaient tous leurs espoirs sur Melchior Wathelet ne se sont pas fait attendre. De même, cette fois-ci, les troupes humanistes ont clairement fait savoir à la présidente, Joëlle Milquet, qu'elles comprendraient mal que celle-ci n'aille pas au casse-pipe, en tant que vice-Première ministre dans l'attelage Leterme I.
Au MR
Et puis, voyez au MR : le FDF réclame à cor et à cri un portefeuille ministériel pour un des siens. Didier Reynders, lui, ne se montre pas emballé par pareille perspective. Motif officiel ? Puisque la N-VA n'aura pas de représentant au sein du gouvernement, il n'y a pas de raison que le FDF (le pendant francophone de la formation nationaliste et séparatiste flamande, dit-on au nord du pays) en ait un, préviendrait-on en Flandre. Cette version arrange tout le monde, à commencer par Reynders lui-même, qu'on imagine peu soucieux d'embarquer la mouche du coche libéral, à ses côtés, dans le gouvernement. Pour Reynders, mieux vaut un Olivier Maingain jouant l'épouvantail francophone à l'extérieur du gouvernement - cela s'appelle un beau partage des rôles - qu'un emm... au Conseil des ministres.
Des candidats sexys
Mais revenons à nos moutons. Jour J, donc, pour les présidents de parti. Leur tâche du jour est délicate. Il s'agit, non seulement, de choisir les plus performants, ceux dont il est permis de penser qu'ils géreront leur département ministériel avec compétence, mais aussi de choisir les plus « sexys », médiatiquement parlant. Ceux qui sauront attirer vers eux micros et caméras, donner une image sérieuse, mais aussi jeune et sympa, de leur formation politique.
Pour les partis les plus importants, ceux qui disposeront de plus de 2 ministres et secrétaires d'Etat, il s'agit également de répartir savamment les portefeuilles en fonction de critères géographiques et de tendances internes. Voilà de quoi compliquer encore un peu une entreprise déjà hautement délicate.
Et le roi, là-dedans, dont la Constitution prévoit qu' « il désigne les ministres » ? Son rôle est purement formel. Cette fois davantage encore, puisque même le choix du formateur lui a été retiré. Il était prévu, en effet, que Guy Verhofstadt passe le flambeau à Yves Leterme, sans discussion possible, sans royale intervention possible...
Quoi qu'il en soit, d'éventuelles erreurs de casting dans la désignation des ministres seront sans doute moins problématiques dans le contexte actuel qu'elles ont pu l'être dans le passé. Leterme I, en effet, est déjà quasi mort avant même d'être né. Tombera-t-il en 2009, ou cet été ? Les paris sont ouverts...
Isabelle Philippon
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Aujourd'hui, la pression sur les chefs de file des partis est maximale. - Belga



